[ITW] L’élection présidentielle française depuis les USA

Arthur vit dans la Big Apple depuis un an et demi et fait partie des 117 229 électeurs français présents sur le sol américain. En ces périodes fréquentes aux isoloirs, nous avons voulu en savoir plus avec lui sur la politique française vue de l’autre côté de l’Atlantique.

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Après plusieurs séjours aux États-Unis pendant son enfance et 6 mois en tant qu’étudiant, Arthur réalise son rêve américain en 2015 : travailler à New York  City pour une grande banque américaine. La vie d’expatrié n’est pas pour autant synonyme d’éloignement de la vie politique dans son pays d’origine. Le jeune Français n’a d’ailleurs pas failli à son droit de citoyen : celui de voter. Après s’être inscrit au Consulat pour figurer sur les listes électorales, il a pu se rendre dans l’un des 16 bureaux de vote new-yorkais pour élire son candidat. Nous sommes allés prendre la température politique dans sa ville d’adoption.

Qu’est-ce qui t’a marqué dans la façon dont les journalistes ont couvert la présidentielle française ?

J’ai beaucoup suivi la campagne à travers les médias américains mais aussi français. Les premiers se sont beaucoup concentrés au départ sur Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen et les potentielles conséquences pour l’Europe. Plus que la France, c’était la question européenne qui était véritablement au cœur des débats.

La presse outre-Atlantique n’est pas restée indifférente face à notre nouveau président alors même qu’il n’était encore que candidat.

La personnalité d’Emmanuel Macron a attiré toute l’attention. Le fait qu’il soit jeune est bien perçu chez les Américains, de même que sa carrière réussie en tant banquier, contrairement en France. Puis la différence d’âge avec sa femme et notamment le fait qu’elle soit plus âgée que lui a beaucoup surpris et a été fréquemment repris dans la presse. Les médias ont plutôt salué sa défense de l’Europe et son programme économiste progressiste et libéral.

2016 a marqué la méfiance face aux sondages avec la victoire du Brexit et de Donald Trump. Laissant planer le doute chez nos voisins et ce jusqu’au dénouement des élections.

Alors qu’en France on était convaincu de la victoire de Macron rapidement (les sondages étaient assez explicites), les Américains se sont méfiés jusqu’à la dernière minute et avaient en tête les scénarios du Brexit et de la victoire de Donald Trump.

2 pays, 2 traditions électorales divergentes :

C’était vraiment drôle d’observer la méconnaissance complète des Américains de nos élections, de la même façon que nous ne comprenons pas vraiment les leurs. Ils ne sont pas familiers du suffrage universel et de l’élection à deux tours.

Les épisodes présidentiels s’inscrivent durablement dans l’histoire propre à chaque pays, faisant presque oublié que le mode de scrutin choisi par chacun n’est pas forcément celui du voisin. Si notre mode de vote présidentiel nous semble a priori simple, n’oublions pas l’impression que peut laisser sa désignation complète : suffrage universel direct au scrutin majoritaire uninominal à deux tours…