Notre première fois avec Julia Ducournau

Grave, le dernier film de Julia Ducournau a dépecé les spectateurs bien avant sa sortie en salles. On a voulu en savoir plus sur celle qui a concocté ce festin.

Julia Ducournau © Vincent Ferrané pour Les Inrockuptibles

On peut dire que Julia Ducournau n’a pas la gueule de l’emploi. Avec son allure sensuelle, sa silhouette filiforme et ses yeux soulignés par un trait d’eyeliner maitrisé, la réalisatrice cache un monde quasi imperceptible.  Déjà dans son télé-film Mange, elle questionnait le rapport à la nourriture, dans Grave elle explore avec brio l’anthropophagie. Elle raconte à nos confrères  d’Arte :

« Quand on se mord ou qu’on mord quelqu’un pour plaisanter, on a toujours envie d’aller plus loin pour voir ce que ça fait et je pense que ce sentiment est universel. Je trouvais intéressant de creuser de l’autre côté pour voir qui on devient ».

En plus de rendre son histoire de cannibalisme brillamment crédible, la jeune femme a un don, celui de rendre les premières fois mémorables. Pour ce film, elle sonde des rites d’apprentissage en passant de l’humour au gore. Justine (Garance Marillier) végétarienne, a tout juste 16 ans quand elle est initiée, malgré elle, au plaisir des chairs, se découvrant une soif charnelle et surtout culinaire. On se souviendra longtemps de ce baptême d’épilation du maillot tenté par sa sœur, jusqu’à ce que deux phalanges soient coupées… puis grignotées.

« Le passage à l’âge adulte est un moment charnière et il a un pouvoir narratif et créatif fort » détaille la réalisatrice.

DR

Sa place derrière la caméra et en tant que scénariste ne nous laisse pas sur notre faim. On vous jure que votre prochaine visite chez l’esthéticienne rimera avec appréhension.

Grave, à découvrir en salles depuis 15 mars